vendredi 13 avril 2018

Nos dents.

les dents sont une véritable vitrine de l'être humain. C'est le thermomètre de la santé. L'aspect des dents d'une personne nous donne une idée sur cette personne: son hygiène buccale, son hygiène générale, son alimentation, son niveau de vie.
Certes, il y a des cas où malgré une bonne hygiène et une alimentation équilibrée, les dents sont la proie de toutes sortes de maladies: les caries, les déchaussements dentaires... Ces cas sont liés à l'hérédité et une physiologie rebelle à l'assimilation des bons nutriments.
Il faut dire que la santé bucco-dentaire des populations mondiales est peu reluisante.
Il y a un certain temps, on a incriminé les sucres industriels qui auraient un grand potentiel cariogéne. Chose qui n'a pas été vérifiée scientifiquement, quoique le doute persiste sur le fait que l'appat du gain a éclipsé la conscience professionnelle et l'intérêt du patient dentaire.

Alimentation et santé dentaire


Les problèmes nutritionnels sont, désormais, un sujet de préoccupation essentiel. Une bonne alimentation est essentielle pour la santé. Elle permet une protection permanente contre les cancers, les maladies chroniques et les maladies cardiovasculaires.

Une bonne alimentation est donc essentielle à notre santé générale mais également à la santé dentaire.

Alimentation et carie dentaire


La carie dentaire est une maladie multifactorielle qui résulte de l’interaction de plusieurs facteurs de risque.

La carie est un phénomène de déminéralisation des tissus durs de la dent (émail, dentine, cément). Cette déminéralisation serait le résultat de production d’acides par les bactéries cariogènes qui prospèrent et produisent des acides à partir de sucres apportés par l’alimentation.

La consommation de sucre est donc un élément déterminant de la formation des caries. Les sucres les plus "cariogènes" sont les sucres rapides, notamment le saccharose, composante principale du sucre de canne et de betterave. C’est le plus utilisé en confiserie. Viennent ensuite le glucose (issu industriellement du maïs, utilisé en pâtisserie), le fructose (sucre des fruits), le lactose (sucre du lait) et l’amidon (sucre lent des céréales et des féculents), qui est beaucoup moins cariogène.

Cependant, toutes les études qui se sont penchées sur le rôle de l’alimentation dans la prévention de la carie dentaire s’accordent à reconnaître que le rôle de l’alimentation dans le domaine de la carie dentaire est moins lié au type d’alimentation en lui-même qu’aux comportements individuels. Ainsi, la fréquence avec laquelle l’individu consomme les sucres serait plus nocive que la concentration du sucre dans un repas donné.

En effet, la consommation répétée dans la journée d’aliments comportant des sucres fermentescibles entretient une baisse du pH dans la cavité buccale et de ce fait le phénomène de déminéralisation puisque le pouvoir tampon de la salive n’aurait pas le temps de s’exprimer.

Cependant, il ne faut pas négliger la présence d’aliments à caractère protecteur qui balancerait l’effet nocif des sucres consommés pendant le repas. En effet, certains aliments contenant les protéines et des corps gras auraient plutôt un effet bénéfique.

Ainsi, dans le domaine de l’alimentation et la carie dentaire, le régime alimentaire (les composants) est plus déterminant que la nature de l’aliment consommé.

Afin de prévenir les caries dentaires, il faut donc:
1/ Connaître les aliments qui contiennent du sucre

2/ Mieux contrôler la consommation d’aliments contenant les sucres.

3/ Diminuer la fréquence de consommation de sucre

4/ Ne pas manger ou boire des aliments sucrés toute la journée, mais plutôt pendant les repas

5/ Prendre des collations non sucrées

6/ Évitez les boissons avec du sucre ajouté

7/Utilisez des édulcorants dans le café ou le thé

8/ Diminuer la durée de présence du sucre dans la cavité buccale.

9/ Entretenir une hygiène bucco-dentaire correcte en utilisant un dentifrice fluoré.

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Alimentation et érosions dentaires



Actuellement, avec l’évolution du mode de vie et changement du régime alimentaire, une nouvelle pathologie dentaire devient de plus en plus fréquente : il s’agit de l’érosion dentaire.

L’érosion dentaire est définie comme étant une perte pathologique du tissu dentaire d’origine acide sans intervention du facteurs micro-organisme. Les acides sont soit d’origine extrinsèques apportés par l’alimentation ou intrinsèques ayant pour origine l’acidité organique qui est associée à certaines pathologies entraînant un reflux gastro-oesophagien ou à l’origine de vomissement répétés.

Cependant, le facteur le plus important proviennent de notre mode de vie moderne et plus particulièrement de la consommation excessive d’aliments ou de boissons à caractère acide tels que les sodas, limonades, jus de fruits, confiseries acides, fruits (agrumes, certaines pommes, prunes, abricots, et d'autant plus qu'ils ne sont pas mûrs), tomates, cornichons, artichauts et aliments vinaigrés.

Comme dans le domaine de la carie dentaire, la manière avec la quelle le sujet consomme l’aliment est déterminante. Ainsi, siroter lentement ou en jouant avec la langue un soda est plus nocif pour les dents que de le boire rapidement avec une paille. De même le brossage effectué immédiatement après la consommation d’un aliment ou une boisson acide est très nocif car la brosse à dent aura pour effet plutôt d’éliminer les phases minérales dissoutes suite à l’exposition acide.

Afin de prévenir les érosions dentaires, il faut donc :

1/ Eviter la consommation excessive d’aliments ou de boissons à caractère acide

2/ Se rincer les dents après prise acide avec de l’eau ou encore un bain de bouche fluoré

3/ Attendre 1 heure pour se brosser les dents après la consommation d’acide

4/ Mastication de chewing-gum sans sucre cariogène après prise acide

Conclusion

La santé buccodentaire, l’alimentation et la santé générale sont des éléments indissociables.

Les médecins dentistes doivent

1/ s’impliquer d’avantage dans le contrôle du régime alimentaire de leurs patients ;

2/ informer et orienter les patients pour le respect d’un état nutritionnel satisfaisant ;

3/ prévenir, dépister et prendre en charge les troubles nutritionnels dans le système de soins ;

§ orienter les patients vers un spécialiste si un déséquilibre alimentaire évident est détecté.



source: http://www.fmdrabat.ac.ma/wjd/V2N3/focus.htm